Contributeurs: Camille JACQUELINE, Vincent Bonhomme, Jchampagne, Kurtz, Rosanna Mary

 français   Dernière modification le: 11/05/17 - Crée le: 10/05/17



À la recherche des anciens tremblements de terre en Mongolie

par Robin Kurtz

Vous êtes sur la version de travail d'un article en brouillon. Quand vous serez prêt.e.s, vous pouvez la proposer à la révision en apposant {{Révision?}} dans l'article.
Contributeurs : Camille JACQUELINE, Jchampagne, Kurtz, Rosanna Mary, Vincent Bonhomme · Éditeur : Vincent Bonhomme (d · c · b)
Date création : 10 mai 2017 · Date révision : ?date_rev · Version révision : ?id_rev
Lien court : https://shakepeers.org?curid=1000


La tectonique active n’est pas une danse frénétique pour teenagers en manque de vibrations, mais plutôt le paroxysme du slow-motion.

Prenons un exemple : c’est comme être témoin d’un accident de train, mais au lieu d’observer un gros crash, il serait possible de distinguer chaque petits soubresauts générés par la friction d’un wagon sur un autre. Pour avoir un ordre d’idée, l’échelle de temps dans la création des reliefs et leur sculpture par l’érosion est le million d’années, alors que nos observations des anciens séismes se cantonnent aux quelques 10 000 dernières années ; soit mille fois moins que la création des montagnes.

Un tremblement de terre n’est alors qu’un petit crac de l’accident de train, avec des glissements de quelques mètres, pour une fissure - alors appelée faille - pouvant faire des centaines de kilomètres de long. La trace de la faille s'observe dans le paysage : une grande fracture, plus ou moins complexe, coupant littéralement les montagnes, et décalant la surface dans des sens opposés de part et d’autre de la faille. Par exemple des talus de rivière peuvent être nettement décalés au niveau de leur intersection avec la faille, des petits cours d’eau décrivant systématiquement des chicanes, voir même des lits de torrents ayant basculés d’une vallée à une autre.

L’analyse de la taille d’une rupture de surface et de l’amplitude des décalages produits lors d’un séisme, permet d’en estimer la magnitude[1].

La Mongolie, ses nomades, ses steppes à perte de vue, son climat semi-aride et sa sismicité exceptionnelle au XXe siècle[2], offre des opportunités uniques d’observations de ces ruptures sismiques. L’objectif est alors d’identifier ces failles sur des images satellites, puis à les explorer minutieusement à la recherche d'indices laissés par les séismes dans le paysage.

Tranchée paléosismologique sur la faille de Bogd Ouest, Gobi-Altay, Mongolie

Pourquoi donc ?

D’aucuns pourraient se demander : à quoi bon décrire les anciens séismes, ceux-ci se sont déjà produits, ont déjà commis leurs forfaits ? Néanmoins la prévision des séismes n’est pas affaire facile. La complexité de la composition du sol après des milliards d’années d’évolution, de fracturation, d’érosion, de dépôts, et la connaissance limitée de la configuration des forces dans la croûte terrestre, rend la modélisation des séismes très complexe.

L’approche paléosismologique [3](entendons l’étude des anciens séismes) s’accorde avec un principe empirique proposé il y a plus de 200 ans, qui vise à décrire le passé, afin de mieux prévoir le futur. En effet, décrire le plus précisément possible le comportement des séismes passés, leur taille, leur régularité dans le temps et leur évolution dans l’espace, offre des paramètres essentiels dans l’évaluation du risque sismique, l’amélioration des modèles de prévision des séismes, et dans la compréhension générale du fonctionnement de ce que l’on appelle, la tectonique active.

Pour aller plus loin

  1. Wells, D.L., Coppersmith, K.J., 1994. New empirical relationships among magnitude, rupture length, rupture width, rupture area, and surface displacement. Bulletin of the seismological Society of America 84, 974-1002.
  2. Baljinnyam, I., A. Bayasgalan, B. A. Borisov, et. al., (1993). Ruptures of major earthquakes and active deformation in Mongolia and its surroundings. The Geological Society of America, Boulder, Etats-Unis.
  3. McCalpin, J., Paleoseismology, 95 - 2nd edition.