Contributeurs: Dodji Gbedahou

 français   Dernière modification le: 30/05/18 - Crée le: 30/05/18


Le bégaiement auprès de la personne bilingue: Caractéristiques et explications étiologiques

par Dodji Gbedahou

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Contributeurs : Dodji Gbedahou · Éditeur : Vincent Bonhomme (d · c · b)
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La communication consiste à transmettre un message d’un émetteur à un récepteur, en utilisant divers canaux. La parole, outils de la communication orale, requiert une organisation motrice et rythmée, mobilisant de nombreux muscles permettant de produire des enchaînements de sons, de mots, de phrases pourvus de sens (Gayraud-Andel, 2011).[1] Cette fonction humaine  présente quelque fois des dysfonctionnements comme dans le cas du bégaiement. Plusieurs explications étiologiques ont été apportées à cette pathologie. {{Révision?}}

Parmi les hypothèses en lien avec l’étiologie c’est-à-dire les causes du bégaiement, le bilinguisme est un élément qui fait souvent surface. De nombreuses recherches estiment que le bégaiement est plus présent auprès des populations bilingues que monolingues (Van Borsel et al 2001)[2]. Cette hypothèse révèle plusieurs questions à savoir si le bilinguisme peut à lui seul expliquer le bégaiement. Est-ce que le bégaiement se manifeste de manière identique dans les différentes langues que parle une personne bègue et comment se manifeste le bégaiement auprès de la personne bilingue. 

L’objet de cet article est donc de fournir une synthèse d’informations permettant de mieux cerner le lien qui existe entre le bégaiement et le bilinguisme.

La première mention du bégaiement remonterait au début du moyen empire égyptien et plus précisément aux environs du XXème siècle avant J-C à travers le Conte du naufragé (Hout and Estienne 2002)[3]. Le terme fut prononcé par un marin voulant réconforter un capitaine au retour d’une expédition maritime en ces mots : « Lève-toi, fais-couler l’eau sur tes mains, réponds quand tu seras interrogé, parle au roi avec ton cœur présent, et réponds sans bégayer ; car la bouche d’un homme, elle peut le sauver ; car sa parole elle peut forcer l’indulgence » Même si dans ce cas, le trouble mentionné fait référence aux disfluences résultant de la peur ou d’une situation stressante, elle relate bien l’intérêt précoce et la connaissance de cet accident de parole. De nos jours, quelle définition donne-t-on à cette pathologie ?

Selon la cinquième édition du manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux, le bégaiement correspondant à «  des perturbations de la fluidité verbale et du rythme de la parole ne correspondant pas à l'âge du sujet et aux compétences langagières. Elles persistent dans le temps et se caractérisent par la survenue fréquente d'une ou plusieurs des manifestations suivantes : Répétition de sons et de syllabes, prolongation de sons, mots tronqués, blocages audibles ou silencieuses, circonlocutions, tension physique accompagnant la production, répétition de mots monosyllabique ». A ces perturbations s'ajoutent une anxiété, et d'autres difficultés liées à la prise de parole. 

Pour Monfrais-Pfauwadel (2014),[4] le bégaiement relève d’une altération de la réalisation de la production sonore d’une part et d’une altération de leur organisation temporelle et leur ordonnancement harmonieux (fluence). Ces perturbations entraîneraient donc trois difficultés majeures : Problèmes articulatoires, trouble de la prosodie, phénomène de la centralisation des voyelles. Ces manifestations peuvent être différentes en fonction des types de bégaiement.

Les différents types de Bégaiement

En fonction de la période d’apparition du bégaiement, on distingue trois types de bégaiement (Monfrais, 2014)[4]: le bégaiement développemental, le bégaiement développemental persistant, le bégaiement acquis. Le bégaiement développemental représente 3 sur 4 des cas de bégaiement chez l’enfant. Il apparait entre 2-4 ans et peut disparaitre spontanément. Il convient de souligner que sur quatre enfants qui présentent un bégaiement entre la période susmentionnée, trois arrêteront sans aucune prise en charge. Le bégaiement développemental persistant est donc ce type de bégaiement ayant pérennisé jusqu’à l’âge adulte. Il représente presque 1/3 des cas des bégaiements. 

Cette pathologie peut également apparaître suite à une lésion cérébrale acquise, subite ou progressive chez des adultes ou l’enfant dont la parole était jusque-là normale. Il s’agit dans ces cas de bégaiement neurologique. Plusieurs accidents peuvent favoriser l’installation de ce type de bégaiement à savoir des problèmes neurologiques, un accident vasculaire cérébral (AVC), un traumatisme crânien, une infection à streptocoque (Monfrais-Pfauwadel 2014[4]). Ces types de bégaiement sont donc qualifiés de neurologiques ou neurogènes. Dans cet article il sera essentiellement question du bégaiement développemental persistant.

Étiologie du Bégaiement développemental

De nombreuses hypothèses théoriques ont apporté des explications sur les causes du bégaiement. Cependant, l’étiologie du bégaiement reste un débat ouvert. Dans ce chapitre, les différentes propositions d’hypothèses seront abordées de manière suscite. 

Les récentes recherches mettent en évidence des anomalies au niveau cérébral auprès des personnes souffrant du bégaiement. Selon cette théorie, le processus entre les deux hémisphères serait différent chez les personnes bègues. Il y aurait une absence de dominance hémisphérique qui perturberait le rythme. de la parole. On note par ailleurs une anomalie des structures frontales inférieures gauches et une suractivation de certaines régions de l’hémisphère droit durant la parole: le cortex temporal et le cortex frontal. Le cortex temporal intervient dans le retour phonologique et auditif tandis que le cortex frontal joue un rôle dans la planification.

L’hypersécrétion de la dopamine expliquerait également le bégaiement. La dopamine est  est un neurotransmetteur appartenant aux catécholamines, issu de l'acide aminé tyrosine. Il sert à renforcer des comportements et joue un rôle dans la motivation en agissant sur le système de récompense. De par la projection des neurones dopaminergique, ce neurotransmetteur régit plusieurs autres fonctions comme les mouvements involontaires et la coordination du mouvement. Les expériences réalisées auprès des sujets bègues et non bègues mettent évidence une suractivation des récepteurs D2 de la dopamine et par conséquence une perturbation des activités tributaires de ces récepteurs et particulièrement celle liées à la parole. 

Par ailleurs des pistes génétiques ont été également abordées pour expliquer cette pathologie. Il s’agit essentiellement de mettre en évidence les différentes gênes impliquées dans le bégaiement. La forte proportion du sexe masculin dans la population bègue est à la base de cette théorie. En effet, le bégaiement affecte trois fois plus de garçons que de filles (Piérart, 2011)[5]. De récentes recherches laissent pensé que la mutation des gênes GNPTAB, GNPTG et NAGPA sur le bras long du chromosome 12 serait à l’origine de 10% des bégaiements. Terra et al, ont pour comprendre ce phénomène créé des souris transgéniques avec une mutation des gènes qui sont suspectés d’être à l’origine de ce trouble chez les humains. Les résultats de cette recherche ont révélé que ces souris émettent des vocalisations dont les caractéristiques sont proches de la parole bègue, après manipulation génétique. 

Bégaiement et Bilinguisme

Le bilinguisme/plurilinguisme consiste à  une utilisation en alternance d’au moins deux langues par un même individu (Bijeljac-Babic, 2017)[6]. C’est donc la capacité à produire des énonces significatifs dans deux ou plusieurs langues (Grosjean 1993)[7]. Cette capacité requiert la maîtrise d’au moins d’une des compétences linguistiques (lire, écrire, parler, écouter) dans une autre langue que la langue maternelle. 

Cette pratique peut être introduite selon différentes modalités définissant ainsi les différents types de bilinguisme. Parmi cette liste on note : 

  • Le bilinguisme précoce (simultané et successif); 
  • Le bilinguisme tardif ; 
  • L’équilinguisme; 
  • Le bilinguisme additif;
  • Le bilinguisme soustractif. 

Le bilinguisme précoce expose les enfants très tôt aux deux langues. les deux parlés  peuvent être introduites en même temps (bilinguisme précoce simultané) ou l’une après l’autre (bilinguisme précoce successif). Dans ce deuxième cas, la deuxième langue est introduite après l’acquisition des bases de la première.

Plusieurs autres critères comme le niveau de maîtrise des deux langues peut être utilisé comme outils qualificatif du bilinguisme. Ainsi, selon  le niveau de maîtrise des deux langues, on peut retenir le bilinguisme dominant et le bilinguisme récessif. La langue dominante étant la langue la plus maîtrisée et qui présente des compétences supérieure. Les compétences peuvent également être identiques en se référant aux compétences au sein des deux langues entre elles ou à l’égard des compétences d’un locuteur monolingue. Le bilingue parfait est une personne qui présente dans chacune de ses deux langues ou dialectes des compétences comparables à celles d’un monolingue. En situation d’équilinguime  ou le bilinguisme idéal, un locuteur qui parle les deux langues l’une aussi bien que l’autre ; c’est-à-dire qu’il présente des compétences égales dans les deux langues sans jamais les confondre ; une situation quasi impossible selon Grojean, 1993[7]. En effet le bilingue aura une préférence pour une langue ou une autre en fonction des situations ou des activités. 

Prévalence du bégaiement dans la population bilingue 

Le bégaiement est plus présent dans la population bilingue. Les études de Travis et al en 1937[8] auprès d’une population de 4 827 personnes bègues estiment que 2,8 % des enfants bilingues présentaient un bégaiement contre 1,8 % des enfants monolingues. Stern en 1948[9], trouve des résultats comparables à ceux de Travis. Selon lui, bégaiement affecte 2,16 % des populations bilingues contre 1,66 % des populations monolingues

Caractéristiques du bégaiement auprès des populations bilingues

Les compétences linguistiques sont rarement les même comme auprès de la personne bilingue. En est-il de même en ce qui concerne les difficultés liées aux compétences langagières ? 

Les études de Lim et al 1996[10], dont le but était d’examiner la sévérité du bégaiement auprès de trente locuteurs bilingues Mandarin-anglais, mettent en évidence une influence de la dominance linguistique sur le bégaiement. En effet il existerait une préférence quant à la langue atteinte et les disfluences sont plus importantes dans la langue la moins maîtrisée. En ce qui concerne les syllabes bégayées, les personnes bègues dominant en anglais ou dominant en mandarin ont montré un pourcentage de syllabes bégayées et de sévérité du bégaiement beaucoup plus important dans leur langue moins dominante (Lim et al, 1996)[10]. Les personnes présentant un bilinguisme équilibré quant à elles ont des scores de difficultés presque identiques dans les deux langues. Ces données semblent être proches de celle de Jarayam (1983). Sur une population de 10 hommes bilingue d'age compris entre 19-32 ans qui parlent à la fois l'anglais et kannada, une langue parlé au sud de l'Inde. Il apparaît que les sujets bégaient plus dans le Kannada qu'en anglais particulièrement en langage spontané, cependant cette différence n'est pas significative 

Ces observations amènent Nwokah, 1988[11]  à proposer trois théories quant aux compétences et la sévérité du bégaiement au sein des différentes langues d’une personne bilingue: 

  • Apparition     du bégaiement dans l’une des deux langues: selon une étude auprès de 16 bilingues 

(Igbo et anglais), il en ressortait que les sujet bégaient uniquement dans une langue. Effet exceptionnel mais pourtant réel, ces personnes seraient donc beaucoup plus dominant dans l’une des deux langues. Les disfluences sont donc absentes dans la langue la plus maîtrisée.

  • Apparition     similaire du bégaiement dans les deux langues (same-hypothesis): Cette théorie 

suppose que la personne bègue et bilingue dispose non seulement des capacités similaires dans les deux langues, mais présente également des disfluences et des craintes identiques dans les deux langues. Cette théorie semble être très peu confirmée dans la littérature (Piérart 2011)[5]. L'un des cas connus est celui de  Lebrum, Bijileveld et Rousseau (1990)[12]. En effet, comme leurs observations le révèlent, ces bégaiements peuvent apparaître suite à une atteinte neurologique. ON notera non seulement une atteinte fluctuante du trouble de la parole mais également d’une pathologie qui se manifeste de manière équitable dans les deux langues.

  • Apparition     différente du bégaiement dans les deux langues (different-hypothesis) : Tout comme 

la théorie précédente, cette hypothèse prône la manifestation du bégaiement dans les deux langues mais avec des caractéristiques différentes selon la langue. Les études menées par Jarayam (1983) et Shenker (1998) confirment bien cette hypothèse. A travers une analyse auprès de dix locuteurs bilingues (l’anglais et le Kannada), le premier révèle des bégayages plus importants dans une langue que dans l’autre. En effet, même si la différence n’est pas significative, les difficultés sont beaucoup plus importantes en kannada qu’en anglais surtout en langage spontané.

Ces trois théories prouvent bien que le bégaiement ne se manifeste pas de manière identique auprès de la population bilingue. Certains facteurs détermineront donc l'atteinte de l'une des deux langues et la gravité de cette atteinte. Selon Au-Yung et al (2000)[13], la probabilité de bégayer diminue quand la deuxième langue est acquise à un âge avancé. Qu'en est-il donc du bilinguisme précoce ? 

Pour expliquer le lien entre le bilinguisme précoce et le bégaiement, les chercheurs ont constitué trois groupes d'enfants : des bègues bilingues précoces, des bègues bilingues tardives et un groupe de personnes ayant une fluence normale. L'analyse des comportements langagiers de ces groupes montre que 60,5 % des enfants bilingues bègues étaient des bilingues précoces tandis que le taux des bilingues précoces dans le groupe fluent s’élevait seulement à 26,3 % (Au-Yung, 2000)[13]. Le taux de rétablissement est également différent selon la précocité du bilinguisme. Elle est de 25 % dans e groupe de bègues bilingues précoces contre 55 % dans le groupe de bègues bilingues tardifs. Le bilinguisme précoce accroît donc le risque de bégayer. Quelle explication apporte les scientifiques à ces différences ?

La théorie scientifique apporte quelques explications en s'appuyant sur le système de monitoring. Le système de monitoring est un dispositif qui intervient dans le contrôle, l’inhibition et la flexibilité dans le traitement de l’information (Bialystok, Craik, & Luk, 2008)[14]. Les études de Green (1998)[15] montrent une amélioration de ce système auprès des populations bilingues. Il en ressort qu'une expérience avec plus d’une langue améliore le système de monitoring exécutif . Selon cette dernière, le processus de monitoring est subdivisé en deux boucles : la boucle interne, où le message prévu est contrôlé avant son expression et la boucle externe qui exige un passage sous le contrôle du système auditif avant une hypothétique production d'erreur. Il existerait un déficit au sein des paramètres du système de contrôle interne auprès des bilingues bègues. Plusieurs difficultés sont observées auprès des bilingues bègues :

  • Consécration     plus importante d’énergie et de temps;
  • Focalisation     sur les erreurs contrairement aux normo-fluents;
  • Présence     d'un seuil d'acceptation très élevé du message interne.

Les données actuelles montrent qu'il existe un lien entre le bégaiement et le bilinguisme.  Il est évident que cette pathologie ne se manifeste pas de la même manière chez les populations bilingues et monolingues. Même si ce phénomène n'explique pas à lui seul le bégaiement, il est important de le prendre en compte  lors de l’anamnèse et la pris en charge de la personne bègue. La plus grande difficulté, c'est qu'il n'existe pas de matériel adapté permettant d'évaluer le bégaiement chez la personne bègue.


Pour aller plus loin

  1. POULAT, M., & Gayraud-Andel, M. (2011). Le Bégaiement: comment le surmonter. Paris, Odile Jacob.
  2. Van Borsel, J., Maes, E., & Foulon, S.     (2001). Stuttering and bilingualism: A review. Journal of Fluency     Disorders, 26(3), 179-205
  3. Hout,     Anne van, and Françoise Estienne. 2002. Les bégaiements: histoire,    psychologie, évaluation, variétés, traitements. Paris: Masson  
  4. 4,0, 4,1 et 4,2 Monfrais-Pfauwadel,     Marie-Claude. 2014. Bégaiement, bégaiements: [un manuel clinique et    thérapeutique]. Paris: De Boeck-Solal 
  5. 5,0 et 5,1 Piérart,     Bernadette. 2011. Les bégaiements de l’adulte. Wavre: Mardaga. 2013. Les    bégaiements de l’adulte: Première synthèse des connaissances scientifiques     sur le bégaiement. Primento. 
  6. Bijleveld,     Henny-Annie. 2014. Multilinguisme et orthophonie: réflexions et pratiques    à l’heure de l’Europe
  7. 7,0 et 7,1 Grosjean,     F. (1993). Le bilinguisme et le biculturalisme. Revue Tranel (Travaux    neuchâtelois de linguistique), 19, 13-41
  8. Travis, L. E., Johnson, W., & Shover, J.     (1937). The relation of bilingualism to stuttering: A survey of the East    Chicago, Indiana, schools. Journal of Speech Disorders, 2(3),     185-189.  
  9. Stern, E. (1948). A preliminary study of     bilingualism and stuttering in four Johannesburg schools. Journal of     Logopaedics, 1, 15-25
  10. 10,0 et 10,1 Lim, V., Lincoln, M., Chan, Y. H., & Onslow,     M. (2008). Stuttering in English–Mandarin Bilingual Speakers: The Influence     of Language Dominance on Stuttering Severity, Journal of Speech, Language    and Hearing Research, 51, 1522-1537
  11. Nwokah, E. E. (1988). The imbalance of stuttering behavior in bilingual speakers. Journal of Fluency Disorders13(5), 357-373
  12. Lebrun, Y., Bijleveld, H., & Rousseau, J. J. (1990). A case of persistent neurogenic stuttering following a missile wound. Journal of Fluency Disorders15(5-6), 251-258.
  13. 13,0 et 13,1 Au-Yeung, J., Howell, P., Davis, S., Charles, N.,     & Sackin, S. (2000). UCL survey on bilingualism and stuttering. Paper    presented at the 3rd congress on Fluency Disorders, Nyborg, Denmark
  14. Bialystok, E., Craik, F. I. M., & Luk, G.     (2008). Cognitive control and lexical access inyoungerandolderbilinguals.JournalofExperimentalPsychology:Learning,Memory,     and Cognition, 34, 859-873
  15. Green, D. W. (1998). Mental control of the     bilingual lexico-semantic system. Bilingualism-Language and Cognition, 1,     67-82