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 français   Dernière modification le: 23/03/16 - Crée le: 27/05/14


Le capitalisme : l'impossible croissance ?

par Sadik arno

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Le capitalisme repose sur la maximalisation des revenus issus des moyens de productions, aussi dénommés capital, c'est à dire de tout ce qui peut produire des biens à vendre, dans le but d'obtenir un bénéfice. C'est la valeur ajoutée. L'argent ainsi obtenu peut être utilisé à l'investissement. C'est à dire qu'il sera dépensé pour acheter de nouveaux moyens de productions, ce qui augmentera la rente de l'investisseur qui pourra de nouveau investir.

Ce cycle n'a théoriquement pas de fin, et le capital d'un investisseur avisé peut croître exponentiellement. Si dans le système il n'y a pas création de nouveaux moyens de production, la monopolisation de l'ensemble des systèmes productifs dans les mains de quelques propriétaire, et ultimement d'un seul, est inévitable.

Il ne peut en rester qu'un

Il existe un second facteur qui freine les velléités hégémoniques des investisseurs : la soif de revenus des autres investisseurs, c'est à dire la concurrence. Les différentes richesses vendus sur les marchés sont en concurrence. Un investisseur peut donc échouer à transformer la production de son capital en argent, ce qui à terme met en péril sa possession même de ce capital.

Dans le système libéral, tous les agents [définir] économiques sont théoriquement tous en concurrence sur un marché libre et non faussé. C'est à dire que tout entrepreneur peut entrer sur le marché. De même la taille des agents économiques, n'est pas censée être en mesure de distordre les règles équitables de la concurrence.

Comme dans tout bon système Darwinien, l'arrivée de nouveaux acteurs augmente la pression de sélection, c'est à dire le risque de disparition des individus. Il s'ensuit une lutte pour conquérir les marchés, et la faillite de certains agents est inévitable. En d'autres termes, il faut faire de la place pour les nouveaux arrivants. Or, les gros poissons ont la capacité d’asphyxier ou de racheter les plus petits poissons. Il est donc indispensable pour la survie même des entrepreneurs de faire grossir son capital de crainte de voir son concurrent en devenir propriétaire. Tuer ou être tué devient le seul but, l'horizon indépassable de tous les acteurs économiques. C'est l’enfer du capitalisme, la loi de la jungle.

Là encore, le risque de monopole semble inévitable à terme.

La monopolisation de tous moyens de productions, mais aussi la possession de la totalité de l'argent, puisque que celui-ci est également un moyen de production (il se produit lui même grâce à l’endettement), et de toutes les richesses ne peut que bloquer le système. Statique, il ne pourra plus évoluer, et mourra de lui-même comme tant d'autres système despotiques avant lui. Il n'existe que deux [ah?] possibilités pour le capitalisme de résoudre cette tare congénitale.

Le premier moyen de régulation est la croissance exponentielle, suivie de crises qui éliminent les agents les plus faibles. La croissance est nécessaire, car elle créait le surplus de richesse nécessaire pour que la croissance des agents économiques ne se fasse pas automatique au dépend des autres. Cependant cette création de richesse doit être obligatoirement exponentielle, c'est à dire qu'elle doit croître de plus en plus vite.

À un moment [vague], la création de richesses dépasse la capacité d’absorption des marchés saturés : c'est la bulle. Celle-ci finira par éclater lorsque les agents se rendront compte que la chute des prix est inéluctable. C'est la crise, qui régule le marché par la faillite des entreprises les plus affaiblies, le rachats des entreprise plus petite par les plus grosses et la mise à l'arrêt des moyens de productions inutiles. Ceci provoque du chômage de masse, puisque que les entreprises n'ont plus besoin de leurs salariés et créait ainsi un surplus de la misère et/ou le déficit des compte publics et l'augmentation de la dette des états. Une fois les marchés purgés, de la place est libre pour la consommation de nouveaux biens, et de nouveaux acteurs peuvent entrer en scène jusqu'à la prochaine crise.

C'est un peu comme si dans une forêts tous les arbres grossissaient sans fin et de plus en plus vite, jusqu'à l'étouffement du système dans son ensemble.Dans une forêt, les incendies détruisent régulièrement l'essentiel de la végétation et libèrent de la place pour de nouveaux arbres. [Similairement ?]Le capitalisme ne sait se réguler que par la catastrophe. Entre parenthèse ce lien [tu veux dire congénital? :o) ]génitale entre capitalisme et crise explique en partie l’incapacité de nos sociétés à gérer les grands problèmes environnementaux. [pourquoi?]

Ce cycle de croissance-catastrophe-croissance ne suffit cependant pas évacuer tout risque de monopole : bien la crise crée des espaces libres pour de nouveaux acteurs, les anciennes entreprises survivantes à la crise sont toujours plus puissantes et mieux installés sur les marchés. Elles ne peuvent qu'avoir l'avantage sur leurs nouveaux concurrents.

Heureusement le système capitaliste dispose également du "progrès" comme solution à toutes ses contradictions. Les entreprises et autres acteurs économiques ont face à leurs concurrents plusieurs possibilités, non exclusives en elles : créer de nouvelles marchandises, rendre celles existantes plus désirables (par la publicité et le marketing [définir si différence il y a]), l'amélioration des moyens de productions pour produire plus de marchandises et produire les marchandises moins chèrement (réduire les coûts). L'impact du Progrès sur les rapport de force entre les entreprises est particulièrement visibles lors des sauts technologiques, où de nouveaux acteurs peuvent devenir hégémoniques en très peu de temps, et renverser totalement les équilibres pré-existants. Google et Facebook sont ainsi devenus en quelques années des industries très puissantes.

Croissance et progrès sont donc les deux mamelles de la fuite en avant du capitalisme, mais aussi de tous les aspects de nos sociétés modernes. Croître, s'améliorer ou mourir et être en permanence en concurrence pour la première place, la seule valable, puisqu'à terme tous les autres disparaîtrons. C'est la seule manière de vivre et de survivre dans nos sociétés ultra-darwiniennes.

Il y a maintenant trois raisons pour laquelle le système Capitaliste n'est pas viable, et ne pourra pas durer indéfiniment.

La première raison est sociale. Comme l'a déjà remarqué Karl Marx [référence Capital], La concentration inévitables des moyens de production entre quelques mains entraîne automatiquement une augmentation des inégalités. Toujours moins de riches qui se partage toujours plus de richesses, et toujours plus de pauvres. Cette dynamique sociale provoque une tensions et une grogne sociale allant en s'intensifiant. Le tissu social à une probabilité croissante de se déchirer, à l'occasion par exemple de l'une des multiples crises, ou bien d'un événement extérieur (guerre, catastrophe naturelle, famines, etc.). Menaces d'émeutes, de crime et même de guerre civiles voire de révolution vont finir par détruire les conditions d'existence indispensables au Capitalisme. Le seul moyen d'éviter l'augmentation des tensions est la redistribution sociale. Cela revient à donner une part de la plus-value aux non-propriétaire de capital. Ceci peut fonctionner tant que la croissance économique est forte. C'est par exemple ce qui s'est produit lors des Trente Glorieuses où le gâteau a grossi dans son ensemble et chacun à vu sa part grossir. Mais cette ponction des revenues du capital ne peut actuellement qu'être décidée qu'à l'échelon national, et elle devient très contesté par les possédants de moyens de production lorsque la croissance dans un système de libre échange, puisque qu'ils voient la croissance de leur capital limité face à leur concurrents internationaux, et ce particulièrement lors des période de crise. Ainsi la redistribution sera mise en cause au moment même où sont rôle est le plus important.

La seconde cause de l'impossibilité du capitalisme est d'ordre anthropologique. Comme le note Jean-Claude Michéa [référence], la vision de l'Homme sous-jacente au le Capitalisme est profondément pessimiste. Capable que de mauvaises actions, il est dans l'esprit des 'libéraux' peine perdue de d'essayer 'd'améliorer l'homme', ainsi que l'on tenté la plupart des philosophies, des religions et des idéologies récentes. L'Homme étant 'un loup pour l'Homme' [référence], il serait bien plus efficace de s'appuyer sur les penchants égoïstes des individus pour mettre en place un système concurrentiel où chacun défendra son propre et unique intérêt. Ainsi le système se construit en permanence sur l'ensemble des victoires et des défaites particulières.

Cependant l'anthropologue Mauss [référence] nous a montré que l'homme n'était pas uniquement un individus égoïste et intéressé, en permanence en concurrence avec ses semblables. Au contraire, les sociétés humaines se construisent principalement sur le principe du Don et le Rendre. Les femmes et les hommes ont d'autres besoins que la réussite face à leurs pairs. La concurrence permanente qui résulte du système capitaliste créait de la souffrance, de la frustration et des pathologies psychologiques.

Enfin la dernière impossibilité est d'ordre thermodynamique et écologique. La nécessité de croissance issue du système concurrentiel, et en corollaire l'accélération du système par le progrès technologique, consomment de plus en plus de ressources naturelles pour produire biens et énergie. Depuis la révolution des énergies fossiles, cette consommation est exponentielle, et rend la totalité du système et donc nos modes de vie toujours plus dépendants d'une quantité plus importante d’énergie. Tout retour en arrière, ou même toute décélération devient absolument impossible. Or, malgré tout les efforts dépensés dans le progrès technologique, les ressources naturelles sont bien évidemment limitées et leur taux de renouvellement relativement bas par rapport à nos besoins. De plus, par notre surconsommation, nous mettons en péril les processus de renouvellement des ces ressources naturelles. Pour augmenter les moyens de productions des nos sociétés nous détruisent les moyens de productions naturels. Ou dit autrement, pour augmenter son capital la société capitaliste détruit le capital de la Nature. Nous sommes tout à fait dans la situation de cette homme qui possédait une poule aux œufs d'or, mais frustré d'attendre la ponte quotidienne, tua l'animal dans l'espoir d'y découvrir un trésor bien plus grand.

[sec] Réciproquement, c'est à cause de cela que le système capitaliste ne peut qu'être destructeur écologiquement, malgré toutes les tentatives de développement-durable.

Ceci est bien évidemment des réflexions purement théoriques. Cependant, malgré une relative bonne foi, je n'ai jamais rien lu ou entendu qui pouvait contester tout ou partie de ces remarques. [euh, la pluaprt des économistes libéraux?]

Le souci est que je [évite la première personne] suis moi même de philosophie pessimiste, et je ne vois aucun système envisageable autre que l'actuel se mettre en place, si ce n'est de manière pacifique, au moins de façon durable. Par contre ce dont je suis certain c'est qu'au delà même la facette étique et de justice social que soulève le débat sur le capitalisme et qui mériteraient amplement d'être abordée, le système actuel, n'est pas viable.

There is not alternative [TINA, ref Thatcher], mais il n'y a pas non plus de solution !