Contributeurs: Vincent Bonhomme, Edwige Berthelot, Nguyen Thu Trang, Arthur Escalas

 français   Dernière modification le: 15/05/17 - Crée le: 31/03/17


La dépendance aux drogues comme un symptôme d’une société en dérive

par Nguyen Thu Trang

Vous êtes sur la version de travail d'un article en révision que vous pouvez contribuer à améliorer.
Contributeurs : Arthur Escalas, Edwige Berthelot, Nguyen Thu Trang, Vincent Bonhomme · Éditeur : Vincent Bonhomme (d · c · b)
Création : 31 mars 2017 · Révision : 25 avril 2017 · Rev0 → Revactuel
Lien court : https://shakepeers.org?curid=963


Le monde scientifique et médical accepte désormais largement que la dépendance aux produits est une maladie chronique du cerveau. Cette déclaration en 1997 par des neurologues de l’Institut National Américain sur l’Abus de Drogues a bousculé l’ancienne opinion sur la dépendance comme un échec moral [1][2][3][4].

Ces découvertes ont montré des changements clairs, persistants qui perturbent le système de récompense et qui font que les sujets ne peuvent guère contrôler leur comportement vis-à-vis des drogues. L’impact des drogues, qui touche aussi la région de la mémoire du cerveau, fait en sorte que l’individu soit ultra-sensible physiquement et mentalement aux stimuli qui rappellent les drogues. Pourtant, Leshner, un des auteurs de ces découvertes, souligne aussi que la dépendance n’est pas seulement une maladie du cerveau mais c’est aussi une maladie où l’environnement joue une influence essentielle dans son développement et son expression [2]. Cet article, on voudrait développer cet argument sur le rôle de l’environnement social dans la dépendance.

Drogues et Société

Récolte du latex de l'opium

Les drogues ont toujours eu leur place dans la vie de l’Homme. De nombreuses preuves attestent de l’existence de boissons fermentées depuis le Moyen Age dans les sociétés grecque et latine [5][6]. L’opium, le tabac, la marijuana et d’autres drogues ont également été retrouvées dans l'Egypte ancienne et tout au long de l’histoire de l’Homme [5][6][7].

Notre société moderne témoigne d'une période où le développement de toute sorte de drogues est le plus abondant qu'enetends tu ici par "developement abondant" ? facilite da'cces ? quantite consommee par personne? age de premiere prise ? regularite de la consommation??. Parmi ces produits de loisir, l’alcool et le tabac restent les plus populaires qui sont consommés dans les fêtes ou simplement dans toute activité courante [8]. Boire du café et du thé est même devenu une coutume artistique appréciée. Les drogues médicamenteuses, à leur façon, ne sont pas moins connues. Les publicités des drogues « miracles » que l'on visionne toute la journée sur notre télévision promettent non seulement de traiter les maladies mais aussi d’apporter une meilleure performance et une vie heureuse, défiant les règles naturelles je ne suis pas forcement d'accord avec le fait que ces drogues defient les regles naturelle. Comme toute molecule agissant sur un organisme biologique, les mechanisms chimique en jeu sont "naturels", la substance en elle meme peut etre synthetique. le probleme n'est il pas plus que l'on repousse les limites du systeme qu'est le corps humain ? : moins de fatigue, plus de concentration, rester jeune et actif peu importe l'âge, etc. Les médecins apprennent à prescrire une certaine quantité d’analgésiques pour la douleur. On pourrait presque dire que les drogues sont nécessaires à l’existence humaine.
Les drogues de tous les jours
Les sociologues ont montré la ressemblance frappante entre la dépendance et ce que notre société contemporaine promet [9]. La dépendance est caractérisée par deux aspects, l’impulsivité et la compulsion de consommer d'une part, et par la gratification instantanée qui decoule de la consommation d'autre part. Ces deux aspects refletent bien ( supprimer "sont exactement") sont exactement ce que cette la société de consommation dans laquelle nous vivons nous encourage a rechercher/convoiter : en avoir toujours plus et toujours plus vite. Des recherches en neurobiologie observent des réactions chimiques similaires dans le cerveau d’une personne qui anticipe la consommation d’autres produits non-chimiques d'une part et l’excitation neurologique d’un toxicomane qui pense aux drogues d'autre part. La dépendance est donc conforme à des normes aux normes de notre société.

Changer de locus

La dépendance est en fait juste supprimer juste ?? un symptôme de phénomènes sociaux plus profonds sous le nom remplacer "sous le nom" par autre chose: "tel que", "que sont" d’inégalité économique, culturelle et éducative, d’oppression des classes populaires et d’appauvrissement des pays du tiers monde. Dans son livre poignant En quête de respect : le crack à New York, l’anthropologue Philippe Bourgois décrit comment les immigrants portoricains venus aux États-Unis à la recherche d’une vie de dignité ont échoué dans leur entreprise, écrasés sous les contraintes culturelles et économiques posées par les Blancs, et poussés dans l’économie clandestine où les drogues faisaient partie intégrante de leur existence [10]. Et que remplacer "dire du fait que les" par "penser du positionnement politique de nos" gouvernements qui, d’un côté, mènent des campagnes de lutte contre les drogues, et qui, d’un autre côté, continuent à supporter les entreprises de production du tabac et de l’alcool ?[11]

Dans plusieurs situations, la lutte contre des drogues est utilisée par la classe dominante comme un outil ramplacer "déguisé pour maîtriser d’autres classes et pour" par "de propagande permettant de" maintenir leur position de puissance par rapport à d'autres groupes sociaux [11][12]. Citons ici l’accusation fervente et irrationnelle faite par le gouvernement états-unien au cours du 19ème siècle contre les Chinois comme ceux qui amenaient l’épidémie de l’opium dans le pays ou les Noirs avec la cocaïne[7] [12]. Cette stratégie a renforcé l’infériorité de ces sous-populations sous-populations a un caractère péjoratif ici, il me semble le terme approprié est "minorité" aux États-Unis.

La dépendance aux drogues est évidemment une condition médicale mais il est superficiel de réduire la dépendance à problème uniquement individuel, négligeant ainsi le rôle important de la société dans la définition de nos comportments individuels. Le traitement médical est certes indispensable pour soulager la souffrance des personnes touchées, mais plus d’efforts doivent être mobilisés pour résoudre les questions complexes de notre société qui sont à la source de nombreux problèmes de dépendance.

Pour aller plus loin

  1. Koob, G. F., Volkow, N. D. (2010) Neurocircuitry of Addiction. Neuropsychopharmacology 35: 217–238
  2. 2,0 et 2,1 Leshner, A. I. (1997) Addiction is a brain disease, and it matters. Science 278: 45–47
  3. Volkow, N. D., Wang, G.-J., Fowler, J. S., et al. (2012) Addiction Circuitry in the Human Brain. Annual review of pharmacology and toxicology 52: 321–336.
  4. Volkow, N. D., Li, T.-K. (2004) Drug addiction: the neurobiology of behaviour gone awry. Nature Reviews Neuroscience 5: 963–970.
  5. 5,0 et 5,1 Villard, P. (1988) Ivresses dans l’Antiquité classique. Histoire, économie et société 7: 443–459.
  6. 6,0 et 6,1 Horton, D. (1943) The functions of alcohol in primitive societies: a cross-cultural study. Quarterly Journal of Studies on Alcohol 4: 199–320
  7. 7,0 et 7,1 Delcourt, I. (2016) La Noire Idole : Opium, ivresse et ébriété au XIXe siècle aux États-Unis. Nouveaux mondes mondes nouveaux
  8. Health, S. B. (2014) What Are The Top 10 Most Addictive Legal Drugs? Summit Behav. Health. https://www.summitbehavioralhealth.com/blog/top-10-addictive-legal-drugs/
  9. Garriott, W., Raikhel, E. (2015) Addiction in the Making. Annual Review of Anthropology 44:477–491.
  10. Bourgois, P. (2013) En quête de respect : Le crack à New York. Seuil
  11. 11,0 et 11,1 Bisiou, Y. (2016) Deux siècles de politiques publiques des drogues. Psychotropes 23: 25–39.
  12. 12,0 et 12,1 White, W. L. (1979) Themes in Chemical Prohibition. Drugs in Perspective, National Institute on Drug Abuse http://druglibrary.net/schaffer/History/ticp.html