Contributeurs: Benoit, Vincent Bonhomme

 français   Dernière modification le: 04/06/16 - Crée le: 30/05/16


Un «babtou» face à une culture plurielle : la vision du handicap au Sénégal

par Benoit (d · c · b) & Matthieu

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Contributeurs : Benoit, Vincent Bonhomme · Éditeur : Vincent Bonhomme (d · c · b)
Date création : 30 mai 2016 · Date révision : ?date_rev · Version révision : ?id_rev
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Créée en 2011, l’association le Voyage de d'Yaaqaar est née d’une amitié entre deux familles, sénégalaise et française. Suite à la découverte du village de N’Guéniène en 2004, nous avons voulu permettre un échange entre cultures différentes, en construisant un camp accessible et adapté aux personnes en situation de handicap, offrant la possibilité d’une expérience enrichissante pour les français et un accueil pour les personnes à mobilité réduite sur place.

J’y suis retourné en 2016, pour voir où en était le camp, ce qui nous restait à faire pour que les voyageurs puissent venir et commencer l’activité de découverte. C’est pour cela que nous nous sommes mis dans la tête d’un voyageur.

Le campement de d’Yaaqaar, situé non loin de Joal au Sénégal, est construit de manière traditionnelle : il est composé de quatre cases, un coin douche toilette, une cuisine, le tout disposé autour de la salle commune. Le confort est relatif au village et nous change de notre quotidien : le but est de nous permettre de sortir de notre petite routine, tout en respectant les coutumes sénégalaises.

Yaaqaar signifie espoir en sérère qui est une des langues de la région. Nous avons voulu dans cette vie morose redonner un peu d’espoir, de force et de reconnaissance à des gens qui n’en ont pas forcément dans leurs pays respectifs. Le projet est d’amener à un échange en plus d’une découverte entre les cultures.

Les personnes en situation de handicap face à l’image du handicap

En proposant du travail aux personnes handicapées, nous espérons montrer qu’un handicapé peut faire quelque chose dans sa vie. Dans les petits villages, il y a très peu de moyens et pratiquement pas d’aides de l’état. L'un des objectifs à long terme est de modifier les regards du handicap bloquées et donc fermées, aussi bien pour les Sénégalais que pour les Français.

Les différences entre Français et Sénégalais dépendent des coutumes, de l’éducation et des repères dans la perception dans laquelle on grandit. Prenons l’exemple de quelqu’un ayant toujours été dans une structure spécialisée, il est toujours confronté à des personnes comme lui, il va moins se surpasser que quelqu’un qui est obligé de rentrer dans un univers qui n’est pas censé être le sien. C’est pour ça que la pluralité de la collectivité prône la progression que l’enfermement ignore.

Le handicap vu de façon spirituelle

Dès lors, l’enrichissement intérieur venant de la compréhension des différences d’images ou de représentations du handicap permet une ouverture et un recul face à la gestion de la différence. Au Sénégal, certaines personnes acceptent leurs handicaps car Dieu les a voulues ainsi. D’autres pensent qu’un sort leur a été jeté et se cachent, restant ainsi entre eux pour ne pas porter la poisse au village. Il y a ce qu’on appelle les « handicapés serpents », qui rampent à même le sol pour se déplacer, n’ayant pas de voies adaptées aux fauteuils roulant, fauteils qui sont souvent de fortunes. Certains ne cherchent pas à sortir de leur condition mais d’autres veulent être soignés. Marabouts, grigris et prières s’adjoignent aux autres moyens médicaux afin de gérer les invalidités de chacun. Quant à la médecine occidentale, elle a du mal à se faire de la place dans cet engrenage superstitieux. Dans certains villages, la médecine classique collabore avec les autres types de traitements.

Les points positifs : les familles sont très soudées entre-elles et il y a une forme de collectivité qui donne l’envie de se battre. Cela entraîne une acceptation véritable et moins pathétique. On semble échapper à l’infantilisation qui est présente en France. On ressent une chaleur humaine qui entraîne une joie naturelle plutôt que forcée.

L’aspect pécuniaire est le point négatif principal car sans sous pas de soins, aussi bien en médecine traditionnelle qu’en médecine classique. Cela peut nous faire penser à la vision américaine de la santé, où les plus démunis ne peuvent se soigner. Nous comprenons que la gestion spirituelle du handicap au Sénégal peut repousser les barrières de la différence, tout comme les aggraver. Il s’en dégage une pluralité des regards sur la vie.

Avoir trop de croyances peut s’avérer dangereux car elles peuvent limiter l’ouverture à l’autre, ceci aussi bien en Afrique qu’en France. Il est facile de penser que les religions devraient s’adapter à l’époque. Cet article n’est pas la vérité mais seulement des constats de vérités, nous espérons que ça vous donnera envie de voyager et pourquoi pas apporter une autre vision que la notre.